La voie citoyenne
Au moment où le gouvernement du Québec entreprend sa fin de parcours et que les partis de l’opposition peaufinent leur programme électoral, il n’est pas inutile de rappeler que l’État doit s’appuyer sur une population motivée et investie dans le développement de son milieu. Le Conseil des régions que vient d’annoncer la première ministre, Christine Fréchette, suffira-t-il à donner confiance à la population des régions ? Malheureusement non. Voici pourquoi.
Les conséquences d’une mise en tutelle
Nous sommes en 1984. J’occupe le poste de directeur de cabinet de Camille Laurin, alors ministre des Affaires sociales, qui me confie : « Les sous-ministres me recommandent de mettre l’hôpital de Gaspé en tutelle sous prétexte d’un lourd déficit. J’aimerais que vous alliez voir de quoi il retourne accompagné d’un fonctionnaire fort en chiffres. »
À l’hôpital, pendant que je rencontre les groupes de professionnels les uns après les autres, mon fort en chiffres me livre son analyse des états financiers. À sa grande surprise — et à la mienne, donc ! —, le gouffre financier de 1,2 million qui devait justifier la mise en tutelle avait fondu à moins de 200 000 $. J’appelle le ministre pour l’informer que l’hôpital et le ministère n’utilisaient pas les mêmes paramètres comptables, ce qui expliquait le déficit.
Le soir même, les membres du conseil d’administration et les cadres de l’hôpital se réunissaient pour faire le point. À la fin de mon rapport, mon fort en chiffres explique le malentendu sur les paramètres comptables. Sous leurs yeux, je déchire la lettre de mise en tutelle. À mon grand étonnement, ils se sont levés et mis à........
