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La santé mentale des jeunes est l’affaire de tout le monde

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15.04.2026

Depuis trop longtemps, la santé mentale est le parent pauvre de notre système de santé. Pendant que les gouvernements se succèdent, la santé mentale de ma génération, la génération Z, s’effrite au rythme du temps qui passe. Certes, il est plus facile de faire comme si tout allait bien, mais mon expérience de vie m’a appris que la première étape pour régler un problème, c’est de reconnaître qu’il existe.

Nous sommes régulièrement informés de données illustrant l’inquiétante situation en regard du bien-être des jeunes au Québec. Pas plus tard qu’en mars 2026, une large enquête populationnelle, menée auprès de 12 000 parents québécois, notait diverses difficultés présentes au sein de bon nombre de familles québécoises, allant de l’usage problématique des écrans à la violence dans les écoles, à l’anxiété sociale et à la piètre qualité de vie des enfants. On y mettait aussi en avant des inégalités sociales de santé pour le moins choquantes, liées, par exemple, à la présence ou non de « besoins particuliers » chez les élèves ou encore au type de système scolaire fréquenté (les « trois vitesses »).

Malheureusement, nos jeunes n’ont pas souvent l’occasion de remettre en question ce système de services sociaux malade en lui-même, bien qu’ils soient les principaux intéressés et qu’ils en subissent quotidiennement les contrecoups. Je saisis toutefois aujourd’hui l’occasion qui se présente à moi pour le faire au nom de ma génération, de celle qui suit, la génération alpha, de mes amis et de mes collègues. Leur souffrance, je la comprends, je la connais.

En effet, je subis les échecs de notre réseau depuis des années, étant atteint d’un trouble obsessionnel compulsif et d’un trouble d’anxiété généralisée depuis mes 5 ans. Ma famille et moi avons, comme trop d’autres familles, demandé de l’aide et cogné sans cesse à des portes qui sont restées closes pendant des années avant que l’on finisse par agir.

Nous, les jeunes, méritons mieux ; nous méritons d’avoir tous les outils en main pour devenir les bâtisseurs de demain.

C’est pourquoi j’ai mis en place un conseil — le Conseil de développement et de recommandation en santé mentale jeunesse du Québec — en mars 2022, à l’âge de 15 ans. J’ai ainsi demandé à des parents, à des professionnels des réseaux de la santé et des services sociaux et de l’éducation ainsi qu’à des directeurs d’organismes communautaires de m’aider à réformer notre système.

Par le biais d’un mémoire, nous avons proposé 15 recommandations qui permettraient, selon nous, d’améliorer la santé mentale de nos jeunes. Inspirés par la récente commission spéciale sur les écrans, que l’on peut qualifier de succès en matière de richesse des consultations et des recommandations qui se sont ensuivies, nous proposons, par une pétition accessible sur le site Web de l’Assemblée nationale, la mise sur pied d’une commission spéciale portant sur un sujet tout aussi critique, soit la santé mentale des jeunes.

Cette dernière concerne tout le monde. Cette question de plus en plus préoccupante a des répercussions tangibles sur les parents, les enseignants, les intervenants et tant d’autres personnes qui côtoient les jeunes au quotidien. En agissant pour le mieux-être de ma génération, on jette les bases d’une société mieux outillée et mieux préparée à répondre aux défis de l’avenir. En agissant aujourd’hui, on évite des drames demain.

On doit bien cela à ma génération, surtout après les sacrifices qu’elle a dû faire au cours des dernières années. Je suis convaincu qu’en nous mobilisant, nous pourrons insuffler un vent de changement qui nous permettra de faire ressortir le meilleur de nous-mêmes. Plus que jamais, nous devons faire de la santé mentale des jeunes une priorité de tous les instants. Nous devons, ensemble pour les jeunes, agir.

Je terminerai ce plaidoyer en disant ceci à tous ces jeunes qui doutent que de meilleurs jours soient à venir : après l’ombre, il y a toujours la lumière. Ensemble, en unissant nos voix, nous pouvons changer les choses.

Ce texte fait partie de notre section Opinion, qui favorise une pluralité des voix et des idées en accueillant autant les analyses et commentaires de ses lecteurs que ceux de penseurs et experts d’ici et d’ailleurs. Envie d’y prendre part? Soumettez votre texte à l’adresse opinion@ledevoir.com. Juste envie d’en lire plus? Abonnez-vous à notre Courrier des idées.


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