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Notre démocratie s’effrite…

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15.04.2026

Le Parti libéral du Canada (PLC) est devenu majoritaire à la suite des élections partielles du 13 avril. Toutefois, cette majorité ne correspond pas aux intentions exprimées par la population canadienne lors des élections générales d’avril 2025. Si l’on exclut les cinq transfuges des derniers mois qui sont allés au PLC, le gouvernement Carney est toujours minoritaire, avec 169 sièges à la Chambre des communes, en ce 14 avril 2026.

Le phénomène des « transfuges » devient de plus en plus inquiétant et dangereux pour la démocratie canadienne. Ce comportement est tout à fait inacceptable et témoigne d’un grand manque d’intégrité de la part des élus qui utilisent une telle magouille… C’est un comportement opportuniste, irrespectueux des électeurs et qui traduit la recherche de bénéfices personnels au détriment de ceux de la population canadienne. Si, comme citoyens, nous ne pouvons plus nous fier à notre vote aux élections dites démocratiques, il ne faudrait pas se surprendre des contrecoups majeurs sur le taux de participation aux prochaines élections.

La Loi électorale canadienne devrait encadrer davantage ces comportements antidémocratiques. Élections Canada est d’ailleurs d’accord qu’il appartient aux représentants de la Chambre des communes de proposer des modifications à la Loi pour contrer ce phénomène inquiétant. Par exemple, la Loi pourrait permettre à un élu de se retirer d’une bannière politique en cours de mandat, tout en l’obligeant à siéger comme indépendant jusqu’à la prochaine campagne électorale. Il pourra alors se présenter sous la bannière de son choix pour se faire élire démocratiquement par la population qu’il représente, plutôt que de changer d’allégeance après de quelconques négociations occultes avec le chef du parti au pouvoir…

La présente situation se doit d’allumer plusieurs lumières jaunes auprès de tous les partis de la Chambre des communes, afin qu’ils travaillent à protéger l’intégrité de notre processus démocratique et la confiance de la population canadienne en la matière.

À titre d’électeurs, nous devons pouvoir compter sur l’intégrité de tous les élus en poste. Ceux-ci doivent proposer à court terme les modifications à la Loi électorale canadienne qui s’imposent afin d’empêcher qu’une telle situation ne se reproduise ou ne s’accentue. Vous êtes responsables, Mesdames et Messieurs les Députés, de l’avenir du système démocratique canadien…


© Le Devoir