On peut mieux faire l’IA
Comme bien des Montréalais ces derniers mois, j’ai vu fleurir de plus en plus de graffitis anti-IA (intelligence artificielle) dans mon quartier : de « AI die » à « On smash l’IA icitte » (avec une bonne dose de gros mots). En tant que citoyenne, je comprends la frustration et, franchement, la rage qui se manifeste à travers ces slogans. Moi aussi, j’ai l’impression de ne plus pouvoir naviguer sur le Web ou d’ouvrir les médias sociaux sans qu’on me force à utiliser une nouvelle version de l’IA, généralement sans mon consentement et sans moyen simple de m’en désinscrire. Parfois, moi aussi, j’ai envie de lancer mon téléphone par la fenêtre et de m’enfuir dans la nature pour ne plus jamais entendre parler de ChatGPT.
Et en tant que chercheuse en IA depuis dix ans, j’ai du mal à expliquer à mes enfants pourquoi le « F-word » est inscrit sur un mur de notre rue, à côté de mon domaine de recherche. En tant que collègue, je me sens terriblement coupable que les bureaux de mes amis aient été la cible de vandalisme, alors qu’ils travaillent d’arrache-pied pour rendre les technologies d’IA plus sûres. En tant qu’amie, j’ai le cœur brisé quand une personne que je connais depuis toujours me confie suivre une thérapie à........
