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Dix kilos de prunes

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23.09.2026

Il y a onze ans, je devenais propriétaire d’un charmant triplex dans le quartier Ahuntsic à Montréal. Il avait été rénové en partie et, encore à ce jour, la céramique d’origine recouvre le plancher du corridor de mon entrée. Certes, ce n’est plus au goût du jour, mais j’avoue que je suis sensible au charme suranné de cette vieille céramique italienne. Elle a probablement été importée directement d’Italie par ceux qui ont bâti ma maison, dans un élan pour retrouver un peu de chez eux dans leur nouvelle vie.

À la céramique napolitaine de l’entrée de mon triplex s’ajoutent des tuiles de Toscane sur le petit toit de la façade. Qui plus est, mon voisin, lui aussi d’origine italienne, cultive un miniverger où trois poiriers et quatre pruniers fleurissent chaque printemps. Dès mon arrivée, j’ai envié la présence de ces arbres fruitiers en plein milieu de la ville. Lorsque j’ai aperçu un bébé prunier naître de mon côté de la clôture, je l’ai laissé croître en croisant les doigts pour qu’un jour, il me donne des fruits.

Pour accompagner ce prunier, j’ai planté des vignes de raisins muscat et Concord et un framboisier. J’espionne Giuseppe, le nonno, lorsqu’il taille ses arbres, et je l’imite du mieux que je peux. Bien entendu, je pourrais faire mes propres recherches pour apprendre à tailler mon prunier. Mais apprendre en imitant celui qui sait, c’est une méthode tout aussi valable, plus amusante et, surtout, cela donne des fruits, au sens propre comme au figuré,........

© Le Devoir