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Écomutisme, ou le principe de la saucisse Hygrade

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Il y a quelques années, les rapports annuels débordaient d’engagements climatiques. Aujourd’hui, plusieurs entreprises ont discrètement retiré ces pages de leur site. Des manufacturiers de produits financiers ont cessé de lancer des fonds intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), quand ils ne les ont pas simplement abandonnés.

La politisation américaine de l’acronyme a transformé un outil d’analyse de risque en marqueur idéologique. Les gestionnaires ont retiré le mot de leurs documents avant même que leurs clients ne le leur demandent. Les flux ont suivi. Les fonds durables américains ont enregistré quatorze trimestres consécutifs de sorties nettes.

L’Association pour l’investissement responsable mesure tous les deux ans le taux d’adoption de ces pratiques chez les conseillers canadiens. Il est passé de 73 % en 2023 à 64 % en 2025. Ceux qui intègrent déjà ces critères continuent de le faire, mais la relève ne suit plus. Le même rapport observe un écart de service persistant, les clients étant plus susceptibles que leurs conseillers d’aborder le sujet.

Du côté des épargnants, la demande n’a pas bougé. Deux tiers des investisseurs canadiens se disaient intéressés en 2025, proportion inchangée en 2026, et 71 % avouent ne rien connaître ou presque du sujet. Dans l’édition 2025 de la même enquête, 76 % souhaitaient que leur conseiller soit tenu de les interroger sur leurs préférences.

Voilà la........

© Le Devoir