L’ingérence à ciel ouvert
On aime bien se définir par ce que l’on n’est pas au Canada. On dira ainsi que nous ne sommes pas les États-Unis. À raison, car nous ne partageons ni le même système parlementaire, ni la même dynamique de parti, ni le même système social, ni le même droit constitutionnel. Et ce n’est pas parce que le président gouverne comme un fou chez nos voisins que nous devons perdre la tête à notre tour. J’ai l’impression que c’est pourtant le cas.
Si j’étais encore conseiller politique, une inquiétude me garderait réveillé la nuit. Et, non, ce ne serait pas les manigances des transfuges à Ottawa ni les actions à entreprendre pour affronter le conflit commercial ou la révision de l’accord de libre-échange nord-américain. Ce serait l’ingérence étrangère.
On dit que les électeurs ont la mémoire courte. Dans un monde où le dicton veut que six mois en politique soient une éternité, qui se souvient qu’en mars 2024 le Canada traversait l’épreuve de l’introspection de la commission Hogue sur l’ingérence étrangère lors des élections de 2019 et 2021 ?
Nous essayions alors de comprendre les techniques utilisées pour cibler ou influencer certaines diasporas au pays, par la désinformation, le harcèlement ou la répression transnationale. Nous examinions nos vulnérabilités et notre capacité à détecter, à prévenir et à contrer ces tentatives, que ce soit celles des régimes chinois ou iranien, ou celles de la Russie ou de l’Inde.
La commissaire Hogue nous avait alors rappelé une vérité simple : l’ingérence n’était pas nouvelle ; seuls les........
