Chronique|Les conservateurs sont-ils condamnés à l’opposition ? Rodolphe Husny
Si on doit retenir un élément marquant en politique fédérale en 2026, c’est bien la majorité obtenue par le premier ministre Mark Carney. Une majorité obtenue non pas par les urnes, qui lui ont donné un gouvernement minoritaire, mais par des transfuges. Résultat : à moins de départs dans le caucus libéral et de défaites lors d’élections partielles subséquentes, il n’y aura pas de match revanche entre Pierre Poilievre et Mark Carney avant octobre 2029. À moins que le premier ministre Carney ne déclenche une élection anticipée.
Est-ce que Pierre Poilievre sera sur la ligne de départ en 2029 ? La question reste entière. Il a gagné son vote de confiance des délégués en janvier. Cependant, il ne faut pas oublier que les députés conservateurs se sont donné le pouvoir de le soumettre à un autre vote de confiance, en vertu de la loi Michael Chong, qui a été utilisée pour faire tomber l’ancien chef conservateur Erin O’Toole. Pour un parti qui se veut proche de sa base militante (grassroots), il est problématique que le caucus la contredise.
Certains affirment qu’un changement de chef réglerait la situation. La personnalité et le style de Pierre Poilievre ne sont guère populaires si on se fie au dernier baromètre de la firme Léger, qui lui donne un négatif de -38. Pourtant, plusieurs des propositions des conservateurs plaisent à l’électorat, que ce soit en matière de justice, sur le front des ressources naturelles ou contre la fameuse taxe sur le carbone.
À preuve, le premier ministre Carney dirige comme un conservateur et abroge, une à une, les politiques libérales de Justin Trudeau à........
