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Mort ou vif

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15.04.2026

Je lisais la critique de la pièce Club sandwich mayonnaise par Christian Saint-Pierre, titrée « Un rendez-vous avec la mort » et publiée dans Le Devoir du 10 avril, et je songeais à ces innombrables choses dites au sujet de notre passage de vie à trépas.

Jean Dion, qui a chroniqué dans les pages du Devoir autrefois, avait pondu ceci qui m’est resté : « On ne se demande pas s’il y a une vie avant la mort parce qu’on n’en doute pas un instant. Notre société, obsédée par l’éternelle jeunesse, est l’une des premières de l’histoire de l’humanité à avoir totalement occulté la mort, peut-être par impiété, peut-être plus sûrement par orgueil et par plénitude d’elle-même. La mort ne fait plus partie de la vie qu’à titre d’échec de l’effort de la prolonger. »

Aujourd’hui, l’effort de la prolonger, la vie, nous est permis, pour autant qu’on n’en souffre pas trop. Est-ce une bonne chose ? Certainement. Puisque nous ne croyons à rien.

Par ailleurs, dans une biographie de Samuel Beckett écrite par James Knowlson, j’ai lu un jour ceci que je veux vous relater ici, c’est-à-dire ces mots de Beckett : « Je me souviens de Gerald en juin 1933 sous le porche de Cooldrinagh qui disait à mère, dans ce parfum de verveine qu’elle aimait tant. “Que veux-tu, May, il en est débarrassé.” Ne s’agit-il au fond, à la fin, pour chacun d’entre nous, que de cela depuis le tout début, d’en être débarrassé ? »


© Le Devoir