Les intermittences du cœur
Comme la marée, les vagues d’empathie viennent et se retirent au gré de l’actualité dans la population, la suivante refoulant au fin fond de notre mémoire celles qui avaient causé tant d’émotions.
Pensons au tremblement de terre que provoqua la photo du jeune enfant syrien Alan Kurdi retrouvé mort face contre terre sur la plage d’une station balnéaire du sud-ouest de la Turquie.
Plus près de nous, souvenons-nous du tsunami de compassion, de colère, d’incompréhension et de honte qui déferla sur le Québec lorsque les médias nous informèrent du décès par maltraitance de la fillette de Granby en avril 2019.
Et puis, dernièrement, il y a eu ce bambin d’un an retrouvé seul dans un campement le long de la rue Notre-Dame, à Montréal. Campagne électorale aidant, les politiciens, sous l’insistance des journalistes, se sont alors emparés de ce drame pour promettre des millions, des tables de concertation, des mesures exceptionnelles et des ministres responsables pour prendre à bras-le-corps le fléau de l’itinérance si jamais ils sont élus…
Au lendemain ou au surlendemain de ces différents cataclysmes du cœur, la nature humaine étant ce qu’elle est, chacun reprend alors son train-train quotidien, tous préoccupés que nous sommes par nos intérêts particuliers ou nos soucis personnels — jusqu’à la prochaine fois !
Alors, que penser de ces soubresauts de compassion, de ces « intermittences du cœur », pour reprendre la belle formule de Marcel........
