Chronique | Dans les décombres de la littérature
Après la prise de parole de Thélyson Orélien (dans laquelle il reconnaissait des plagiats qualifiés d’« erreurs de jeunesse » et mis un peu facilement sur le compte de l’admiration pour le travail de certains écrivains), après qu’il a lui-même renoncé à présenter des preuves qui auraient étayé le processus de création de son roman ou de sa démarche journalistique, et après que sa maison d’édition a coupé ses liens avec lui, le moment est venu de faire le bilan de toute cette affaire. Il n’est pas réjouissant.
Tout écrivain, toute personne qui aime écrire et qui a placé les mots, les phrases, la pensée, les livres, la lecture comme l’écriture, au cœur de son existence, ressent probablement tout cela comme un désastre — un désastre très intime, une atteinte très personnelle, puisqu’il remet en cause ses raisons d’écrire et, surtout, de lire. Parce qu’écrire, c’est établir un dialogue avec soi-même. Parce que lire, c’est entrer en dialogue avec autrui. C’en est fini de l’un comme de l’autre si une machine s’interpose entre soi et soi-même ou entre soi et autrui.
Quand je réalise, en corrigeant une copie, qu’un de mes élèves a plagié, en ayant recours à l’IA ou à d’autres subterfuges, je le prends comme un terrible constat d’échec. Car, au-delà de la malhonnêteté de la démarche, cette tricherie révèle que j’ai échoué, que nous avons échoué, moi et tous ceux qui leur ont précédemment enseigné, à faire comprendre à nos élèves l’importance du choix des mots, de la formulation la plus exacte de ce que l’on pense ou........
