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Composer avec les nids-de-poule et le nouvel ordre mondial

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10.09.2026

Pendant des décennies, Montréal regardait vers l’extérieur. Aujourd’hui, l’international vient à elle, s’installe ici et prend toutes sortes de formes. Avec ce nouveau texte, la série « Le monde dans l’urne » décortique une réalité qui vient brouiller les frontières entre enjeux locaux et internationaux.

Le 24 août, quelques dizaines de manifestants brandissaient des drapeaux palestiniens devant l’hôtel de ville de Montréal. À l’intérieur, les élus municipaux débattaient d’une motion sur Gaza et des liens de la Ville avec Israël.

Pensons-y une seconde. Le conseil municipal de Montréal, une instance qui vote habituellement les budgets de déneigement et de collecte des ordures, s’est retrouvé saisi des conséquences d’une guerre au Moyen-Orient.

La mairesse Soraya Martinez Ferrada a choisi ses mots avec soin. « Nous avons la responsabilité d’avoir une position qui va rassembler la population », a-t-elle déclaré, mentionnant en même temps « une montée réelle de l’antisémitisme » et les citoyens montréalais dont les familles sont directement touchées par le conflit.

Un conflit sur lequel elle n’a évidemment aucune prise.

On est loin des nids-de-poule…

Cette scène du 24 août illustre bien ce qui s’est profondément transformé dans la relation des grandes villes face au reste du monde. La dimension internationale est aujourd’hui plus proche, plus présente. Et plus difficile à tenir à distance.

Pendant longtemps, lorsqu’on parlait d’« international », il s’agissait d’aller chercher quelque chose à l’extérieur : sièges sociaux, investissements étrangers, événements, organisations internationales, congrès. Ou bien d’envoyer des missions commerciales à Paris, à New York ou à Tokyo.

Aujourd’hui, le monde vient à Montréal, et n’attend pas d’être invité.

Il arrive avec les étudiants étrangers qui fréquentent ses établissements d’enseignement. Avec les travailleurs spécialisés que les entreprises recrutent aux quatre coins de la planète. Mais aussi avec........

© Le Devoir