Le véritable péril n’est pas le privé, c’est l’immobilisme
Le texte du Dr Xavier Gauvreau dans Le Devoir (« Nos salles d’opération dorment, et le privé s’enrichit », publié dans l’édition du 4 août) présente à mon avis une vision idéalisée du système de santé québécois qui ne résiste malheureusement ni aux faits ni à l’expérience des patients. Son analyse repose sur une prémisse que j’estime erronée : il suffirait d’investir davantage dans le réseau public pour régler les problèmes d’accès. Si cette affirmation était vraie, le Québec ne ferait pas face aujourd’hui aux pires délais d’attente de son histoire malgré des dépenses en santé qui ont plus que doublé au cours des 20 dernières années.
Le véritable problème, à mon sens, est plus profond. Les coûts de la santé augmentent plus rapidement que la capacité de payer de l’État. Tous les gouvernements, peu importe leur couleur politique, font face à cette réalité démographique et économique. Pour tenter de préserver le modèle actuel, le Québec a progressivement adopté une série de mesures qui ont plutôt contribué à fragiliser le réseau.
Depuis deux décennies, le panier de soins s’est rétréci. L’accès à plusieurs services est devenu extrêmement limité, notamment en santé mentale, en prévention, en réadaptation ou en chirurgie élective. Le nombre de médecins admis dans les facultés a été strictement contrôlé pendant des années, comme si chaque médecin représentait d’abord une dépense plutôt qu’une ressource indispensable. Les départs à la retraite de milliers d’infirmières,........
