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L’illusion de l’autonomie, ou pourquoi l’IA fragilise l’autoreprésentation devant les tribunaux

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tuesday

À première vue, l’intelligence artificielle (IA) semble démocratiser l’accès à la justice. En quelques clics, un justiciable peut rédiger une « procédure », préparer des arguments, voire simuler une stratégie juridique. Dans un contexte où les coûts juridiques sont parfois prohibitifs, l’attrait est évident. D’ailleurs, l’autoreprésentation est une tendance qui ne cesse de croître, notamment en raison du coût élevé des services d’avocats. Pourtant, cette promesse d’autonomie cache un risque important, tant pour les individus que pour les petites et moyennes entreprises.

L’un des problèmes fondamentaux réside dans la nature même du contentieux judiciaire : tout ce qui est écrit peut à terme être utilisé contre son auteur. En effet, les procédures déposées, les courriels échangés et les arguments avancés s’inscrivent durablement dans le dossier. Or, l’utilisation non maîtrisée de l’IA peut mener à l’inclusion d’informations inexactes, de références juridiques erronées, voire totalement fictives, ou d’arguments mal fondés en droit. Une fois introduits dans le débat judiciaire, ces éléments ne disparaissent pas simplement lorsqu’un avocat est finalement mandaté.

Bien au contraire, l’intervention tardive d’un avocat ne permet pas de « remettre les compteurs à zéro » : elle complique plutôt son intervention. Le professionnel devra consacrer un temps important à........

© Le Devoir