Point de vue | Cultiver la curiosité des francophonies
Un réseau ne se décrète pas. Il se cultive. Depuis cinquante ans, les communautés francophones du pays apprennent justement à entretenir ces liens avec le Québec, parfois dans la tension, souvent dans la solidarité.
Cette histoire était au cœur d’un micro-colloque tenu récemment à l’Université de Montréal pour souligner les 50 ans de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada. Au fil du temps, ces relations ont connu des cycles politiques. Pensons aux référendums, aux luttes des communautés francophones en matière de droits linguistiques, ou encore à la modernisation de la Loi sur les langues officielles et à l’adoption de la Loi sur la langue commune et officielle du Québec, le français.
Si ces événements ont parfois contribué à fragiliser ces liens, ils ont aussi permis de les consolider. Une constante demeure : l’importance des réseaux — ces circuits culturels, institutionnels, universitaires, économiques et médiatiques qui permettent de maintenir le dialogue et de soutenir la vitalité de la francophonie d’un océan à l’autre, jusqu’au Nord. On estime aujourd’hui à plus de 10,5 millions le nombre de francophones et francophiles au pays, dont près de 2,8 millions à l’extérieur du Québec.
Le paradoxe québécois
Les francophones à l’extérieur du Québec connaissent très bien notre actualité politique, nos personnalités artistiques, les grands débats de l’espace public.
Mais l’inverse est moins vrai. C’est sans doute l’une des limites de notre regard sur la francophonie canadienne.
Parmi........
