Ma jonquille est fanée
En octobre 2025, c’est du bord d’une civière, à l’urgence, que j’écrivais. Au chevet de mon mari, Nicolas. 46 ans. Atteint d’un cancer « rare » et incurable : un cholangiocarcinome métastatique. Aujourd’hui, c’est du bord du gouffre que je vous écris. Pour vous rappeler que le jour où quelqu’un que vous aimez aura besoin d’un traitement qui n’existe pas, ce sera demain.
Parce que le cancer touche actuellement deux Canadiens sur cinq, soit 42 % de la population. Pas dans un an. Ni encore moins des années. Les années qu’il faudra pour que les systèmes soient prêts. Les années qu’il faudra aux chercheurs pour venir à bout des délais interminables imposés par Santé Canada et l’agence Santé Québec. Les années qu’il faudra au volet Pharma pour enfin commercialiser les nouvelles options thérapeutiques. Demain.
Le Mois de la jonquille vient de se terminer. On a vu des campagnes, du jaune partout, une mobilisation portée par la Société canadienne du cancer. Et c’est essentiel.
On a vu des événements prestigieux, des millions recueillis pour la recherche. Dans l’œil du public, c’était beau. Rassurant, même. Parce que ça donne l’impression que, le jour où ça nous arrivera,........
