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Les remarquables oubliés

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02.11.2026

À la suite de cette campagne électorale, qui semble déjà loin derrière nous, tandis qu’on s’entre-déchire déjà sur des questions de sommets et de keffieh, j’ai eu envie de parler de ces gens dont nous n’avons pas entendu parler pendant ces semaines où nous redessinions notre société. Première chronique d’une série qui pourrait bien durer toute l’année, au fond, parce que, nous le savons bien, la vie, la vraie, celle incarnée dans des gens, se vit à un autre rythme que celui des sujets de l’heure.

J’ai rencontré Walid dans le cadre des séminaires liés à mes études doctorales au Centre d’études du religieux contemporain (CERC). Oui, oui, vous avez bien lu, un centre d’études universitaires avec le mot « religieux » dedans. Prenons, si vous le voulez bien avant que je ne poursuive, une grande respiration collective, ensemble, en contemplant ceci : le religieux existe encore dans nos sociétés, même si on a embrassé l’idée de la laïcité. Le religieux existe, d’abord et avant tout dans nos inconscients, dans l’histoire d’un Québec façonné directement dans son argile et qui, lorsqu’il a enfin décidé de rompre ses liens avec l’institution, a jeté avec elle, non seulement les traumatismes qu’elle avait causés, mais aussi son langage, son savoir et sa manière de fédérer le collectif autour de causes qui dépassent l’individu.

Étudier le religieux, en tant que phénomène, et non en tant que doctrine, demeure d’une importance capitale, surtout en ce moment, puisque tout ce qui croît dans nos angles morts est toujours plus susceptible de mener à des manifestations qui nous échappent, bien plus que ce que nous avons sous les yeux et que nous pouvons analyser. Pendant quatre années consécutives, j’ai........

© Le Devoir