Idées | Les français d’ici, ou que mange le linguiste en hiver
Le temps doux ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue, avec pour guide la professeure Mireille Elchacar. La lexicologue québécoise vous invite à penser le français autrement dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique.
« Ah ! Vous êtes linguiste ? Combien de langues parlez-vous ? »
« Vous êtes linguiste ? Comment s’écrit le pluriel de rose incarnat ?
Ce sont les deux réactions principales suscitées lorsqu’on dit qu’on est linguiste. En réalité, être polyglotte ou connaître toutes les règles d’orthographe sur le bout des doigts ne fait pas partie de la description de tâches du linguiste.
La linguistique est en fait la discipline scientifique qui cherche à comprendre et décrire les langues dans toutes leurs composantes (phonétique, lexique, grammaire, etc.). La particularité du linguiste, peu importe son approche disciplinaire, est qu’il s’intéresse à la langue de manière descriptive plutôt que prescriptive. On réfléchit souvent à la langue en termes de fautes et d’écart à la norme. Le registre soigné est certes important, mais il ne constitue qu’une partie de ce qu’on fait avec la langue. La majorité de nos interactions se déroulent dans un registre familier. Pour la linguistique, tous les registres sont dignes d’intérêt scientifique.
Je profite de la tenue récente de la 10e édition du colloque Les français d’ici pour mieux expliquer le travail du linguiste. Le programme diversifié du colloque, organisé par Catherine Léger et Pierre Don Giancarli à l’Université de Victoria, permet de constater la richesse de la langue française en Amérique.
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