Du bon et du mauvais usage selon Vaugelas
L’été ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue, avec pour guide la professeure Mireille Elchacar. La lexicologue québécoise vous invite à penser le français autrement dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique.
Cette semaine, je vous convie à un voyage dans le temps. Notre destination sera le français du XVIIe siècle et notre guide, nul autre que le grammairien Claude Favre de Vaugelas.
Vaugelas compte parmi les premiers Immortels de l’Académie française. Il publie en 1647 ses Remarques sur la langue françoise utiles à ceux qui veulent bien parler et bien escrire. (Je conserverai les graphies d’origine, pour la beauté de la chose et pour rappeler que l’orthographe a toujours évolué.) Les Classiques jaunes de Garnier ont publié l’an dernier une édition critique de ces Remarques, préparée par Wendy Ayres-Bennett.
On associe Vaugelas à une vision très puriste de la langue. Dans ses remarques, il cerne ce qu’il appelait le « bon usage », qu’il définit ainsi : « c’est la façon de parler de la plus saine partie de la Cour, conformément à la façon d’escrire de la plus saine partie des Autheurs du temps ». Ayres-Bennett rappelle cependant que Vaugelas n’était pas uniquement un « prescripteur rigide » et qu’il présentait « une analyse beaucoup plus nuancée selon laquelle les usages sont plus ou moins heureux selon le contexte, le registre, le style, etc. ». Selon elle, « ses successeurs, en abrégeant et en compilant ses observations, le rendent souvent plus dogmatique qu’il ne l’était vraiment ».
Par exemple, la remarque portant sur la construction voire même, aujourd’hui critiquée,........
