L’exemple du «cheuf»
Il y a déjà plusieurs décennies que des historiens nationalistes ont entrepris de réhabiliter Maurice Duplessis, que les fédéralistes auraient accusé d’avoir plongé le Québec dans la « Grande Noirceur » afin de mieux déprécier ses efforts pour défendre l’autonomie de la province.
La classe politique est demeurée plus circonspecte. En 1977, le gouvernement Lévesque a tiré sa statue des caves du parlement, où elle était entreposée depuis 16 ans, mais l’obscurantisme et la corruption qui avaient marqué son régime ont continué d’alimenter la controverse.
François Legault vantait déjà ses mérites, mais Éric Duhaime s’est clairement présenté comme l’héritier du « cheuf » jeudi, lors de la cérémonie d’assermentation des 19 députés conservateurs élus le 5 octobre dernier. Une première pour cette bannière depuis l’assermentation ayant eu lieu en novembre 1935, peu avant que Duplessis, dernier héritier du Parti bleu, fondé en 1850 par George-Étienne Cartier, ne le saborde pour fonder l’Union nationale.
Le Duplessis dont se réclame le chef du Parti conservateur du Québec n’est évidemment pas celui de la « loi du cadenas », qui s’intitulait officiellement Loi protégeant la province contre la propagande communiste (1937), ou encore celui du scandale du gaz naturel de 1957, causé par le délit d’initié qui avait enrichi plusieurs ministres et hauts........
