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Idées|Anaïs, Manon, Suzanne: femmes du pays Mathieu Barrette

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01.10.2026

Je suis assis dans la salle numéro quatre du cinéma Lido de Rimouski, devant le film Pauline Julien. Femme pays. Dehors, il fait 23 degrés. En ce samedi d’automne au soleil vif, il n’y a pas la moindre brise pour faire vivoter l’eau de surface du fleuve qui étreint le montant de la marée. C’est littéralement comme si le fleuve s’emplissait par en dessous, de lui-même, comme si c’est du sol que provenait la mer.

Il est midi trente, et cette marée sera haute environ 20 minutes après la fin du film, juste assez pour rejoindre la rive, ma mère, « la femme avec qui je vis » et moi-même. Faut dire que les seuls films qui intéressent ma mère sont ceux qui campent l’esprit des années 1970 ou qui parlent de la libération des femmes. Je suis venu au monde dans une famille que je qualifierais de fondamentalement féministe.

Ma grand-mère, qui est demeurée catholique pratiquante jusqu’à la fin de sa vie, a, elle, fait le choix du divorce pour se libérer de son bonhomme qui n’en avait que très peu pour elle, même s’il avait de nombreuses qualités. Ma mère aura alors contribué, par son ouvrage de serveuse étoile à la Cantine D’Amours de Trois-Pistoles, à habiller et à équiper pour l’école ses sœurs et son petit frère. Je fais cette mise en contexte simplement parce que j’estime que vous dire que le premier film que j’ai partagé avec ma mère a été Octobre de Pierre Falardeau n’est pas suffisant.

La vue est à l’image du moment que l’on vit. Ou bien est-ce le moment que l’on vit qui teinte notre........

© Le Devoir