menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Comment peut-on se réjouir?

20 0
11.04.2026

Comment peut-on se réjouir de la création de 356 emplois pour la production de munitions au Québec ? Comment peut-on se réjouir quand ces munitions causent tant de souffrances et de destruction ?

Dans le Courrier du soir du Devoir du 8 avril, on peut lire : « Dans l’ombre du cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran, le Liban a connu mercredi l’une de ses pires journées depuis le début de la guerre au Moyen-Orient après des frappes israéliennes qui ont fait plus d’une centaine de morts et plus de 800 blessés, selon les autorités. »

Plus loin dans ce même Courrier du soir, dans un texte sur l’Ukraine : « L’étau se resserre, la situation sécuritaire se dégrade. Chaque jour, de nouvelles destructions. Kramatorsk la défigurée ne compte plus ses immeubles endommagés ou annihilés, ses usines devenues épaves, ses stations-service éventrées. »

Comment ne pas faire le lien entre la fabrication de munitions et leur utilisation ? Si, d’un côté, on les fabrique et on ne les utilise pas, quel gaspillage de fonds publics ! D’un autre côté, si on les utilise, quelle horreur pour la population visée !

Le ministre Joël Lightbound cité dans ce Courrier du soir, affirme qu’une base industrielle de défense solide n’est pas seulement une question de sécurité, c’est aussi une question de souveraineté. Ma sécurité et ma souveraineté sont ailleurs que dans l’armement. Je veux vivre dans une société où toutes et tous sont nourris et logés convenablement et où les conflits se règlent par le dialogue. Je suggère au ministre de relire ces mots du général Eisenhower :

« Chaque canon fabriqué, chaque navire de guerre mis à flot, chaque fusée lancée représente en dernière analyse un vol commis au préjudice de ceux qui ont faim et ne sont pas nourris, de ceux qui ont froid et ne sont pas vêtus. »


© Le Devoir