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Un chien de garde édenté

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09.03.2026

Aucun gouvernement n’a porté le directeur parlementaire du budget (DPB) dans son cœur. Les critiques émanant de ce bureau, qui décortique et remet en cause les dépenses et les projections budgétaires du fédéral, les irritent tous, sans distinction. Le premier ministre Mark Carney n’a toutefois pas à être exceptionnellement dispensé de cette vigilance du fait qu’il soit lui-même économiste et ancien banquier. Et ce, même ne serait-ce que l’espace de quelques semaines, suffisantes à elles seules pour miner l’ascendant de cet agent du Parlement.

Que le poste de DPB ait été laissé vacant d’ici l’entrée en fonction de sa nouvelle titulaire proposée, Annette Ryan — une première depuis la création de ce bureau, il y a 20 ans —, peut paraître accessoire en plein chaos mondial et bilatéral avec les États-Unis. Or, une telle veille budgétaire, en temps d’incertitude économique et de restructuration en conséquence, demeure d’autant plus nécessaire. S’y soustraire, même momentanément, traduit l’importance relative que lui accorde Mark Carney, au risque d’inspirer pareille irrévérence à ceux qui suivront.

Les rapports de DPB successifs ont révélé les coûts de la guerre en Afghanistan, les ratés exorbitants du système de paie Phénix, la pérennité (ou non) de programmes et de prestations ou encore la facture des avions de chasse........

© Le Devoir