Rouges, bleus et l’entre-deux
D’Ottawa à Québec, les lignes de fractures idéologiques se brouillent entre formations politiques. Des députés changent de camp. Des propositions législatives sont usurpées. Des chefs de parti de l’Assemblée nationale, maintenant tous en selle en vue de l’élection québécoise, rivalisent de surcroît de maraudage et de surenchère pour se revendiquer tout un chacun de la palme du nationalisme affirmé. L’électeur, lui, s’y perd et désespère.
L’offre politique présentée aux Québécois est aux nuances de bleu — clair, foncé, tirant sur le rouge, violacé. À peine la nouvelle cheffe caquiste et première ministre, Christine Fréchette, fut-elle assermentée que les hostilités furent lancées.
Les crises perpétuelles dans le milieu de la santé ? Celles de l’itinérance et de la crise du logement ? Les écoles vétustes ? Le réchauffement de la planète et ses catastrophes naturelles, qui menacent à nouveau de faire déborder nos cours d’eau ? Niet ! La course de l’heure est à celle ou à celui qui s’affichera la ou le plus nationaliste (à divers degrés d’authenticité) et qui enrôlera au passage, surtout, le plus grand nombre d’électeurs caquistes désormais désenchantés.
La majorité parlementaire de la Coalition avenir Québec s’est de longue date étiolée dans les appuis populaires. La nouvelle première ministre Fréchette doit........
