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Éditorial | En matière d’aide à mourir, abdiquer n’est pas une avancée

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tuesday

La genèse de l’aide médicale à mourir (AMM) comme avenue de soin de compassion en fin de vie fut faite de petits pas mûris, réfléchis, dans la quête et le respect d’un primordial consensus social. Lequel paraît faire du surplace pour les personnes atteintes d’un trouble mental qui souhaiteraient, sur la base de ce seul lourd et complexe critère, pouvoir à leur tour s’en prévaloir.

Au terme de trois mois d’étude parlementaire, de l’écoute de 44 témoins et de la lecture de 32 mémoires, un groupe d’élus et de sénateurs n’en est venu qu’à une seule et unique recommandation : les en « exclure indéfiniment », en attendant que les tribunaux tranchent inévitablement à leur place ce délicat choix de société. Une regrettable abdication de leur responsabilité parlementaire.

Ce décevant verdict du comité mixte sur l’aide médicale à mourir, tombé à la mi-juin, clôt cinq ans d’identiques tergiversations. Les avis de psychiatres, d’universitaires et d’experts demeurent tout aussi divergents, ou presque, que ceux de rapports précédents.

L’absence d’une définition unanime du caractère « irrémédiable » d’un trouble mental dont pourrait espérer se remettre un patient subsiste, tout comme celle de critères universels qui permettraient de distinguer des pensées........

© Le Devoir