La grande transmission ou la grande démission?
En Europe, on parle de la grande transmission pour qualifier le transfert de patrimoine que la génération des boomers fera aux générations suivantes… le plus grand transfert de biens immobiliers et financiers de l’histoire de l’humanité. Ce n’est pas rien et, parce qu’au Québec et au Canada, on vivra le même phénomène, n’y a-t-il pas lieu de se questionner sur sa nature, ses effets et surtout sur notre part de responsabilité vis-à-vis de l’accumulation et de la passation de ces richesses ?
Au Québec, on estime à 1000 milliards de dollars les actifs nets détenus par les 65 ans et plus. À des fins de comparaison, la dette nette du Québec est estimée à 250 milliards !
C’est donc une somme colossale qui passera de main, et il est connu que cela aura un effet important sur la concentration de la richesse et l’approfondissement des inégalités.
Cela dit, je renvoie les férus de chiffres aux études existantes, mon propos n’est pas économique, vous l’aurez peut-être deviné.
Cette transmission ne devrait-elle pas poser un problème éthique majeur ? Comment et par qui ce patrimoine a-t-il été accumulé ? Qui assume la responsabilité de ce transfert ? À qui profitera-t-il ? Quel sera l’impact de ce transfert sur la société ? Favorisera-t-il une réponse adéquate aux enjeux présents et futurs ?
Les boomers ont profité de la plus longue période de paix que la planète ait connue, ils ont ainsi pu faire des études et choisir des carrières dans une grande liberté, soutenus par l’État-providence. Ils ont obtenu des rémunérations salariales avantageuses et profité d’une économie généralement en croissance pour créer des entreprises, accéder à la propriété et faire des placements rentables. En résumé, ils n’ont connu ni guerre ni crise. Ils profitent d’une retraite très confortable, leur........
