Le magasinage électoral et la fin du citoyen
Chaque lundi, «Le Devoir» vous propose de ralentir en réfléchissant à un sujet qui colore l’air du temps. Cette semaine, on s’inquiète pour le citoyen, grand oublié et grand négligé de cette campagne électorale.
Le dictionnaire Larousse définit le mot « magasinage » comme « l’action de mettre en magasin », ce qui, on en conviendra, perd graduellement son sens à l’heure du magasinage virtuel. Magasiner consiste aussi évidemment à « faire des courses dans les magasins », ce qui est également de moins en moins vrai.
Ironiquement, le magasinage a connu une croissance prodigieuse au cours des dernières années en même temps que l’endroit où le faire perdait peu à peu son sens. Au rythme où disparaissent les acteurs importants de la vente au détail, y compris des fleurons comme La Baie, il faut d’ailleurs se demander si le mot « magasin » continuera longtemps d’exister.
Pendant que les magasins disparaissent, faire du magasinage gagne en popularité sur le plan métaphorique. On emploie aujourd’hui « magasiner » à toutes les sauces, comme dans « se magasiner une job », « se magasiner du trouble », exercice dans lequel nous excellons ici au Canada en accordant toute notre confiance aux géants du Web principalement américains. Une nouvelle métaphore est même apparue : « magasiner son parti politique ».
Cette métaphore m’apparaît hautement........
