menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Le problème au mauvais endroit

8 0
10.03.2026

Trois tribunaux ont tranché : la Cour du Québec, la Cour supérieure et la Cour suprême du Canada. Le gouvernement caquiste n’avait pas le droit d’interdire aux demandeurs d’asile de faire une demande de place en CPE. Ce n’est pas une opinion, c’est un jugement rendu à trois reprises, jusqu’au plus haut tribunal du pays. Pourtant, j’entends encore des gens dire qu’il faudrait « prioriser les Québécois ». J’appelle ça par son nom : de la discrimination.

Un enfant a le droit d’aller à la garderie. Un parent a le droit de travailler en y envoyant son enfant. Ces droits ne s’arrêtent pas à la frontière d’un statut migratoire. Et pour ceux qui sortent l’argument des impôts : beaucoup de demandeurs d’asile travaillent et en paient. Mais même s’ils ne travaillaient pas, ça ne changerait rien. Je refuse que l’accès aux services publics soit conditionnel à la contribution économique. C’est la logique de l’utilisateur-payeur, un système qui arrange surtout ceux qui n’ont pas besoin de l’État.

Parlons du vrai problème. On fait de l’immigration le bouc émissaire de tous les maux du Québec : la crise du logement, les problèmes du réseau de la santé, bientôt la pénurie de main-d’œuvre. Je dis que c’est chercher au mauvais endroit. Le vrai problème, c’est le désinvestissement chronique dans les services publics. Les structures d’accueil pour les nouveaux arrivants sont défaillantes. On leur fait même payer leurs cours de français.

La capacité d’accueil d’une société, ce n’est pas une donnée fixe gravée dans le marbre. C’est le résultat de choix politiques. Si l’on manque de ressources, c’est parce qu’on a décidé collectivement de ne pas investir dans les outils qui rendent cet accueil possible.


© Le Devoir