Vivre ensemble, c’est tout
Quel Québec choisiront les électeurs en octobre ? L’équipe éditoriale réfléchit aux chantiers qui nourriront le menu législatif des prochaines années. Cette semaine, le dur défi de vivre ensemble.
Le Québec souffre d’un mal qui ne lui ressemble pas. Lui si peu chicanier, si « bonne pâte », est aux prises avec des accès de « mal-vivre ensemble ». Le corps social en pâtit, affichant des poussées de fièvre qui affectent tout le monde, mais les immigrants, la communauté LGBTQ , les Autochtones et les femmes plus souvent qu’à leur tour.
Un des grands dangers qui nous guettent, c’est le retrait. À force d’être piqués ou de voir ceux qu’on aime se faire écorcher, certains d’entre nous décident de se retirer net, fret sec, des conversations. En baissant pavillon, ceux-là emportent des parties de la conversation nationale, qui n’en devient que plus épidermique.
Nos partis politiques ont la responsabilité de veiller à ce que la conversation nationale se poursuive, certes, mais, surtout, ils ont le devoir moral de voir à ce qu’elle se fasse de manière à nous élever. Gérald Godin, en son temps, avait compris l’essentiel invisible aux yeux de trop de nos élus d’aujourd’hui, soit qu’il y a plus à récolter en gagnant les cœurs qu’en les forçant.
Car le vivre-ensemble n’est pas un objet figé qu’on se passe de main en main en espérant que l’essentiel passera au suivant, et sous la contrainte........
