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Regarder les garçons couler

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09.04.2026

Le Québec s’imagine être à l’abri grâce aux principes égalitaires hérités de la commission Parent. Mais ceux-ci ont de moins en moins d’assises dans le réel. On ne compte plus les voix fortes qui dénoncent les effets dévastateurs de notre système à trois vitesses, jusqu’à l’immense — et regretté — Guy Rocher, qui y voyait une « trahison » nationale. Ce qu’on entend moins, c’est combien cette dynamique délétère pèse plus lourdement sur les épaules de nos garçons.

C’est une terrible perspective. Et pas que pour nos garçons. Un avenir dans lequel les hommes seraient de moins en moins scolarisés ne serait bon pour personne. La sous-scolarisation nourrit des dynamiques toxiques qui peuvent nuire à la solidarité et à la cohésion sociale. Pensez aux poussées de fièvre masculinistes qui éclosent ces temps-ci. Comment peut-on espérer les apaiser en laissant autant de garçons naufragés de l’éducation sans bouée ?

Dans son livre blanc, Gabriel Nadeau-Dubois convoque des experts et croise des chiffres pour nous secouer les puces. Vrai, les filles devancent les garçons de la maternelle jusqu’à l’université dans pas mal tous les pays développés. Mais ce retard, même dans une société comme la nôtre où l’égalité hommes-femmes reste un chantier inachevé, ne se fait pas sentir de la même manière partout, note le député solidaire, qui frappe........

© Le Devoir