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Procès civil de Gilbert Rozon|Le courage de dire et d’entendre Louise-Maude Rioux Soucy

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01.04.2026

Les Courageuses ont porté leur fardeau longtemps. D’abord seules et dans le silence, des années durant. Puis, pendant presque dix ans ensemble, alourdies par le poids d’une parole publique niée, ridiculisée, qui a enfin été accueillie là où ça compte, après des années de marathons judiciaires éprouvants. La juge Chantal Tremblay, de la Cour supérieure du Québec, n’a pas seulement donné raison à huit d’entre elles mardi. Elle a confirmé que la justice pouvait jouer ce rôle d’arbitre du bien commun que la société attend d’elle en matière d’agressions sexuelles.

Ce jugement riche survient après un douloureux retour de vague pour le mouvement #MoiAussi, dont les Courageuses auront été les plus vibrantes figures de proue durant leur interminable bras de fer contre Gilbert Rozon. Vrai, les dénonciations et les enquêtes journalistiques se sont enchaînées jusqu’à étourdir le public, ici comme ailleurs, faisant bien la preuve, par l’absurde !, que le système judiciaire n’arrive pas à suivre la marche de la société. Ce jugement apparaît comme un baume marquant un timide retour du balancier.

Surtout, il renvoie la justice sur le chemin attendu, confirmant ainsi sa capacité à entendre des souffrances comme celles-là et à les accueillir comme telles. C’est aussi un test réussi pour deux articles phares du gouvernement caquiste. Adoptés pour renforcer la protection des victimes de violence sexuelle dans le........

© Le Devoir