Faire société, faire nation
Quel Québec choisiront les électeurs en octobre ? L’équipe éditoriale réfléchit aux chantiers qui nourriront le menu législatif des prochaines années. Cette semaine, on s’intéresse aux rapports entre le Québec et le reste du Canada.
La question nationale est cruciale dans les élans électoraux des Québécois, au point même de contribuer à faire ou à défaire des gouvernements. La montée de la Coalition avenir Québec, forte des promesses d’une troisième voie ni purement souverainiste ni pleinement fédéraliste, peut en partie lui être attribuée. Son accession au pouvoir, en 2018, aura permis de rompre avec plus de quatre décennies d’alternance entre péquistes et libéraux.
Huit ans plus tard, la troisième voie traîne derrière elle un test du réel qui s’est révélé cruel. La volonté des caquistes d’établir des relations d’égal à égal avec Ottawa s’est effondrée. Et tandis que les empiétements dans nos champs de compétence continuaient de s’additionner à qui mieux mieux, le dialogue constitutionnel, lui, se crispait au lieu de s’ouvrir comme espéré.
Force est de constater que l’autonomisme caquiste a coûté cher aux Québécois. Économiquement et politiquement. Chaque gain refusé, chaque échec accusé, a rendu notre vulnérabilité au sein des équilibres canadiens plus visible, plus étendue. Le rapport de force du Québec s’est effrité à tel........
