Quand le ministère de l’Environnement vous renvoie au 911
Imaginez un instant. Vous êtes témoin de la destruction d’un boisé de plus de 120 ans qui est riche en biodiversité et où une espèce florale vulnérable tombe sous la machinerie. Vous cherchez à la dénoncer, mais les deux seules portes d’entrée qui existent, SOS Braconnage et Urgence-Environnement, la ligne pour les urgences environnementales, vous renvoient toutes les deux au 911. C’est exactement ce que j’ai vécu. Et à la lumière de cette expérience dans le dossier du boisé des Sœurs, à Trois-Rivières, je tiens à faire part d’un constat qui dépasse mon cas personnel.
Le 12 juillet, la journaliste Amélie Marcoux, du journal Le Nouvelliste, rapportait qu’une deuxième inspection du ministère de l’Environnement avait eu lieu sur ce terrain rasé pour un projet immobilier de 250 logements. Le 7 juillet, trois plants d’aster à feuilles de linaire, une espèce désignée vulnérable au Québec et emblème floral de notre ville, ont été retrouvés. Les 19 autres identifiés la semaine précédente par le ministère avaient disparu. Le ministère reconnaît lui-même que détruire de tels plants représente un manquement à la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Avant d’en arriver au coup d’éclat, j’avais pourtant tenté de suivre les voies normales. Le matin même du 6 juillet, j’ai fait des appels. J’ai d’abord téléphoné à SOS Braconnage (1 800 463-2191), puis à Urgence-Environnement........
