L’écriture assistée
Quand j’ai appris que l’Américain Brandon McNulty avait causé la surprise en remportant, à Montréal, la course sur route des Championnats du monde de vélo, je me suis amusé à me demander ce qui serait arrivé si, à la faveur d’une inspection effectuée quelques heures après son échappée en solitaire, on avait découvert un minuscule moteur électrique à l’intérieur du pédalier de son vélo, relié à un accumulateur dissimulé dans un tube du cadre.
Aurait-on applaudi l’innovation ? Célébré une grande « coperformance » rendue possible par la collaboration entre coureur et technologie ? Les connaisseurs, mordus de « la petite reine » et spécialistes de la médecine sportive, auraient-ils défendu l’exploit du nouveau champion contre les étroits d’esprit encore aux prises avec leurs vieilles conceptions éculées de la puissance musculaire et des limites du corps humain ? Je ne pense pas, non.
En fait, dans les grandes compétitions, comme le Tour de France, ce qu’on appelle le « dopage mécanique » fait l’objet, chaque jour, de contrôles aux rayons X. C’est la machine humaine qu’on veut acclamer au sommet.
Remarquez qu’à la différence de son cousin biologique (fioles, seringues, tentes d’oxygène, etc.), le dopage mécanique demeure un problème plus théorique qu’autre chose, avec un seul cas recensé : en 2016, aux Championnats du monde de cyclo-cross, la Belge Femke Van den Driessche s’est fait attraper avec un moteur caché dans sa monture.
Ah, mais attention, le sport et la littérature sont deux univers si différents ! En littérature, on ne manquera jamais de spécialistes universitaires pour venir nous rappeler que l’écrivain ne possède pas les mots, que le langage n’est que........
