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La disparition du débutant

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08.09.2026

Chaque lundi, « Le Devoir » vous propose de ralentir en réfléchissant avec lui à un sujet qui colore l’air du temps. Cette semaine, on explore les limites de l’intelligence artificielle.

Depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle générative dans nos vies, une question revient avec une régularité presque mécanique : quels emplois va-t-elle remplacer ? La question est légitime. Elle n’est peut-être simplement pas la plus intéressante.

Une récente étude de chercheurs de Stanford apporte une nuance importante. Pour l’instant, leurs données ne montrent pas de destruction massive de l’emploi. Elles envoient cependant un signal plus discret : chez les travailleurs de 22 à 25 ans, l’emploi recule de façon disproportionnée dans les professions fortement exposées à l’IA, et l’ajustement semble surtout passer par une réduction de l’embauche plutôt que par des licenciements.

Les chercheurs préviennent toutefois que ces tendances ne permettent pas d’établir avec certitude dans quelle mesure l’IA en est responsable. Le danger pourrait donc commencer ailleurs que là où nous le cherchons. Non pas par la disparition de l’expert, mais par celle du débutant.

Derrière l’automatisation des tâches simples se cache un paradoxe que notre obsession pour la productivité nous fait facilement oublier : une tâche peut être économiquement inefficace tout en étant intellectuellement indispensable.

Le jeune comptable qui effectue une tâche qu’un logiciel pourrait accomplir en quelques secondes n’est........

© Le Devoir