La gaie histoire
Dans mon village, dans les années 1970-1980, il ne faisait pas bon être gai. Les homosexuels, ou ceux qu’on soupçonnait de l’être, étaient considérés comme des dégénérés qui ne méritaient pas le respect. L’ostracisme était leur lot quotidien. Pour les autres, l’homophobie allait de soi. Élevé dans un tel climat social, j’ai dû moi-même me guérir de cette attitude, notamment grâce à la littérature.
Il faut dire que l’air du temps justifiait nos comportements discriminatoires. Jusqu’en mai 1990, par exemple, l’Organisation mondiale de la santé mettait l’homosexualité dans la liste des pathologies psychiatriques.
Ce n’est qu’en décembre 1977 que le Québec, premier État de l’Amérique du Nord à agir en ce sens, interdit la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. La Charte canadienne des droits attendra en 1996 avant d’ajouter l’orientation sexuelle à la liste des motifs illégaux de discrimination.
C’est dire s’il en a fallu du courage et de la détermination aux militants de cette communauté pour renverser la vapeur. L’historien et politologue Jean-Charles Panneton, spécialiste du gouvernement de René Lévesque, leur rend hommage dans Histoires LGBTQ au Québec et au Canada (Septentrion, 2026, 190 pages), un éclairant ouvrage publié dans l’indispensable........
