Une vie chorégraphiée, mais libre
Mais je vis pour ces moments. J’aimerais que toute ma vie ne soit que ces moments. J’ai voté, mais je n’ai pas regardé la soirée électorale. On dirait que je n’en ai plus la force. J’étais dans mon lit et j’écoutais mon mari lire à ma fille. Elle a les cheveux roux d’Anne… la maison aux pignons verts. Ça n’est pas forcément pour ça qu’il le lui lit, je pense qu’ils se sont découvert une passion commune. Avant le livre, ils regardaient sur Internet le dessin animé. Ils ont vu toute la série comme ça. Ce qui est très courageux de la part de ma fille. Imagine comme c’est lent un dessin animé des années 1980. T’as déjà revu le générique d’un film des années de notre jeunesse ? Des noms qui défilent, des images lentissimes qui semblent appartenir à un temps où 60 secondes faisaient beaucoup plus qu’une minute. De nos jours, on essaie de faire rentrer trop de choses dans une minute. On a des minutes obèses.
Je n’ai pas regardé la soirée, peut-être que j’aurais dû, ça fait bizarre de sortir du bal. D’aller prendre l’air, de s’éloigner de l’action pour aller ressentir la nuit. Sa fraîcheur, la lumière des réverbères, la vapeur qui dessine notre souffle. Le son des graviers sous nos pieds et au loin, la panique. Les batailles, la cohue, les menaces, l’amertume… Le branle-bas auquel se mêlent l’alcool et les jeux sulfureux du pouvoir.
Alors bien sûr que je........
