Le Québec multipolaire
La fragmentation du système politique québécois ne date pas d’hier. Depuis les élections de 2007, qui ont vu la formation du premier gouvernement minoritaire à l’Assemblée nationale depuis 1878, les Québécois se sont divisés en plusieurs camps politiques. Si l’offre politique a beaucoup augmenté depuis l’époque où le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) formaient un duopole politique axé autour de la question nationale, aucun parti ne semble être en mesure de réunir une majorité de Québécois autour d’un projet de société. La portée de l’action gouvernementale se voit ainsi réduite.
Si la tendance se maintient, cinq formations politiques seront représentées à l’Assemblée nationale après les élections du 5 octobre prochain. On n’aura pas vu une telle constellation de partis depuis 1976. Or, si le phénomène n’était que passager à l’époque, en 2026, la multipolarité semble être devenue une caractéristique permanente du système politique québécois.
Cette fois-ci, les cinq partis ayant des chances de gagner des sièges semblent tous bien enracinés dans le paysage politique québécois. Chacun d’entre eux courtise une tranche distincte de l’électorat, et il y a très peu de chevauchements entre leurs « bases » respectives. Une autre tranche de l’électorat est composée d’orphelins politiques qui opteront pour le vote stratégique ou ne voteront tout simplement pas le 5 octobre.
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