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Idées|Pour la paix et contre les idéologies de domination Julie Antoine et Pauline Tapiero

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25.06.2026

Nous, groupes membres de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes, allié·e·s et citoyen·ne·s engagé·e·s, dénonçons avec force les idéologies qui nourrissent la violence, la domination et la haine envers les femmes, ainsi qu’envers toutes les personnes situées à l’intersection des systèmes d’oppression.

En moins de 24 heures, deux événements nous ont rappelé brutalement l’ampleur du problème. Entre la planification d’un acte terroriste au nom de l’idéologie des « célibataires involontaires » (incels ; un mouvement masculiniste fondé sur la croyance que les femmes devraient être soumises aux hommes) et la découverte d’une femme victime d’un potentiel féminicide à Lévis, comment ne pas y voir un signal d’alarme ? En moins de six mois, au Québec, 12 possibles féminicides et une menace de féminicide de masse ont déjà été rapportés !

Ces événements s’inscrivent dans un continuum féminicidaire, de l’idée à l’acte : des discours misogynes qui déshumanisent les femmes aux menaces, au contrôle, à l’exploitation, aux agressions, aux viols, aux féminicides et aux meurtres de masse. Ils nous obligent à poser une question fondamentale : pourquoi la violence est-elle encore perçue comme une réponse acceptable à un sentiment de perte de pouvoir ?

La violence envers les femmes ne naît pas du vide. Elle s’appuie sur des idéologies de domination qui cherchent à déposséder les femmes de leur autonomie, de leur liberté et de leur droit fondamental à exister pleinement. Ces idéologies reposent sur l’idée que les femmes doivent être contrôlées, surveillées ou punies lorsqu’elles refusent de se conformer aux attentes imposées.

Lorsqu’on parle de « crise de la masculinité », on oublie trop souvent de nommer les systèmes sociaux qui enseignent encore à des garçons et à des hommes que leur valeur dépend du pouvoir, du contrôle ou de la domination. Au lieu de remettre ces modèles en question, les mouvements masculinistes désignent les femmes comme responsables du rejet, de l’isolement, des frustrations ou des souffrances des hommes. Or, aucune souffrance ne justifie la violence.

La peur et la violence sont des mécanismes de domination. Dans la sphère privée comme dans la sphère publique, leur objectif est le même : limiter la liberté des femmes, les pousser à se taire, à renoncer à certains espaces et à adapter leurs comportements pour éviter d’être ciblées. Nous refusons cette réalité.

Nous voulons vivre libres : libres de circuler, de parler, d’aimer, de travailler et de participer à la vie publique sans craindre la violence ou les représailles.

Partout dans le monde, les discours misogynes, antiféministes et autoritaires gagnent du terrain. Portés par des influenceurs, des........

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