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Chronique | Faire ses devoirs

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27.09.2026

Le ciel est bleu. Dans la cour de récréation, les cris fusent. Une voix se fait entendre par interphone. « Nathan, Alice, Clara et Jacob. Je répète : Nathan, Alice, Clara et Jacob. Tu es demandé au secrétariat. Nathan, Alice, Clara et Jacob, tu dois venir me voir au secrétariat. »

Comme ils sont plusieurs, pourquoi ce « tu » plutôt qu’un « vous » ? C’est pourtant un type de phrase qu’on entend souvent à l’école.

Sur son blogue, L’oreille tendue, le professeur Benoît Melançon avait déjà relevé cette curiosité : « Quand il sort de classe pour aller au service de garde, les éducateurs s’adressent collectivement à son groupe à la deuxième personne du singulier : “Là, le groupe, tu prends ton cerceau.” » Il y a de quoi être troublé, note-t-il.

Linguiste de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Audrée-Anne Tremblay-Laprise avait constaté, dans un mémoire, que ce « tutoiement collectif » constitue un usage fautif dans l’univers scolaire québécois. La plupart des professeurs interrogés n’avaient cependant jamais vraiment réfléchi à cette question. Ils utilisaient ce « tu » pour capter l’attention, pensant donner à chacun l’impression qu’on s’occupait de lui. Mais l’usage systématique du singulier permet-il de mieux penser la collectivité ?

Parler à 30 élèves comme si chacun était seul, est-ce une façon de faire société ?

Depuis quelques mois, la comédienne Zoé Ntumba livre sur les réseaux sociaux de courts monologues où l’école est un de ses principaux théâtres. Elle incarne divers types d’enseignantes, avec un sens aigu de la caricature.

Parmi sa........

© Le Devoir