Chronique|De dangereux dévots Jean-François Nadeau
Certains courants religieux, surtout parmi les chrétiens fondamentalistes, estiment que la Terre a environ 6000 ans, tout au plus. Ces adeptes du « créationnisme de la Terre jeune » ne s’appuient pas sur un verset biblique donnant l’âge exact du monde. Leur chronologie repose plutôt sur une série de calculs fondés sur les généalogies et les règnes mentionnés dans la Bible.
Au XVIIe siècle, l’archevêque irlandais James Ussher s’était employé à additionner les âges des patriarches mentionnés dans la Genèse. Adam, Seth, Noé, Abraham et compagnie. Puis il considéra les règnes des rois d’Israël et de Juda. Il en arriva à la conclusion que la Création avait eu lieu en 4004 avant notre ère. Selon ce calendrier fantasmé, la Terre aurait donc un peu plus de 6000 ans.
Depuis les travaux des géologues du XIXe siècle et les méthodes modernes de datation radiométrique, l’âge de la planète est estimé à environ 4,54 milliards d’années. Une durée si longue qu’elle échappe à l’intuition. Si l’histoire de l’humanité entière tenait dans les dernières minutes d’une journée de 24 heures, les pyramides d’Égypte, l’Empire romain, la Nouvelle-France et la révolution industrielle n’occuperaient qu’une fraction d’un instant, juste avant le coup de minuit.
L’être humain comprend toujours mal la dimension de durées très longues. C’est pourtant sur de telles échelles de temps que repose une partie du pari nucléaire. Les déchets radioactifs les plus dangereux demeureront actifs pendant des dizaines de milliers d’années.
Certains des radionucléides........
