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Terre-Neuve et le coût du risque

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23.05.2026

Chers lecteurs, je vais tenter de vous expliquer pourquoi vous ne pouvez absolument pas vous former une opinion éclairée au sujet du contrat Québec–Terre-Neuve. C’est tout simplement parce qu’il nous manque des données. On espère que la première ministre les a.

Pour faire simple, il s’agit d’un projet à deux sous. L’entente — celle que Terre-Neuve vient de rejeter — nous permet d’obtenir un approvisionnement massif supplémentaire d’électricité à 11 ¢ le kilowattheure (kWh). Si on construisait nous-mêmes, sur notre territoire, l’équivalent de l’expansion de Churchill Falls et de la nouvelle centrale de Gull Island, cela nous coûterait 13 ¢/kWh, donc deux sous de plus.

Mais François Legault a accepté de payer un prix d’entrée pour économiser ces deux sous. Pour flatter l’ego fêlé des Terre-Neuviens, il a ouvert le précédent contrat pour y ajouter, en dollars réels sur la durée, 34 milliards. Si on additionne cette somme au coût des nouveaux projets, cela nous fait perdre trois sous. L’électricité nouvelle nous coûtera au total 16 ¢ plutôt que 13 ¢.

Alors, pourquoi ne pas construire chez nous, tout simplement ? C’est que si l’on ne signe pas, une facture imprévisible nous attend dans 15 ans. Le prix des kilowattheures existants de Churchill, que l’on paie 0,2 ¢ jusqu’en 2041, augmentera à un niveau inconnu. On suppose que cela ne pourra pas être davantage que ce que nous coûteraient de nouvelles centrales, c’est-à-dire 13 ¢/kWh. Sinon, encore une fois, on construira chez nous........

© Le Devoir