Intense signal religieux
Combien de femmes musulmanes voilées étaient-elles prêtes à quitter leur emploi plutôt que de se conformer à la nouvelle loi sur la laïcité interdisant, pour les nouvelles embauchées, le port de signes religieux dans les services de garde et de soutien scolaires ? Les chiffres varient. En haut de la fourchette, « au moins 500 emplois » étaient menacés, seulement dans la métropole, selon l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire. Cette hémorragie a été évitée, grâce à l’assouplissement récent du règlement (traduction : l’État laïque a reculé). Mais, nous apprend-on, des centaines de cessations d’emploi sont à prévoir dans la grande région de Montréal.
J’écris à dessein « cessations d’emploi » plutôt que « congédiements », car l’employée voilée qui accepte la nouvelle règle et retire son voile pendant les heures de travail n’est nullement inquiétée. Mais l’information selon laquelle des centaines de ces femmes préfèrent perdre leur gagne-pain pour se conformer à une règle religieuse mérite examen. Le trouble dans lequel ce changement les plonge est réel et l’empathie est de mise. On souligne avec raison qu’il faut expliquer à des bambins pourquoi leur éducatrice ne sera plus là demain.
C’est à cause d’une loi. Oui. Mais ne faut-il pas leur dire aussi que cette femme choisit sa religion ? Qu’il est plus important pour elle de porter un signe qui, dans l’islam, signifie modestie et soumission de la femme ? Ce qui est paradoxal, car la résistance religieuse à la règle civile n’est ni modeste ni soumise.
Nous voilà en présence d’une preuve d’intensité du choix religieux parmi les musulmanes. Comment évaluer l’ampleur du phénomène ? Le seul jeu de statistiques disponible date de 2016, Environics........
