Chronique|Mensonges et intox Jean-François Lisée
Sous le couvert de l’anonymat, un inconnu a publié en février sur un site américain obscur des propositions de déstabilisation du Canada, suggérant d’utiliser comme leviers les revendications autochtones et l’indépendantisme québécois et albertain. Mais cette déstabilisation ne pourrait réussir, insistait l’auteur, tant que Donald Trump attaquait publiquement le Canada, car cela renforçait l’unité du pays. De toute évidence, le conseil ne fut pas suivi.
Voilà la totalité de ce que contient le dossier « ingérence américaine dans l’élection québécoise ». Il n’y a rien d’autre. Comment est-on passé de l’existence de ce texte de politique-fiction de février (dont j’avais fait état dans Le Devoir en mars), à un cycle de nouvelles de vendredi, samedi et dimanche consacré à l’ingérence américaine préoccupante dans notre élection ?
D’abord, il fallait des mensonges. On sait maintenant qu’en septembre, des membres de l’équipe Fréchette ont tenté d’intéresser des journalistes à ce vieil article, sans succès. Changement de tactique. Deux « sources » proches de la première ministre, puis un porte-parole de la CAQ, ont prétendu aux journalistes du bureau d’enquête de Québecor que Québec avait obtenu des « informations hautement préoccupantes et troublantes ».
Dans cette version, mensongère, une autorité fédérale aurait entraîné son vis-à-vis québécois dans un lieu sûr, sans cellulaire, pour lui faire ces révélations. La première ministre avouera ensuite le contraire. C’est son bureau qui a communiqué avec le fédéral, et non........
