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Mark Carney et le peuple iranien

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16.03.2026

Il y a en ce moment un silence inhabituel relativement aux violations des droits de la personne en Iran. Pourtant, le Canada n’est normalement pas silencieux à ce propos. Il adopte régulièrement des positions claires et pose des gestes sans équivoque. Ce fut d’ailleurs le cas il y a à peine trois mois, lorsque d’importantes manifestations ont été réprimées dans le sang : le premier ministre Mark Carney a dénoncé haut et fort la répression, et son gouvernement a imposé de nouvelles sanctions au régime iranien.

Maintenant, à nouveau, le peuple iranien subit des violences relevant du crime grave. L’OBNL Human Right Activists in Iran a pour mission de recenser et d’exposer les violations des droits de la personne commises en Iran. Dans les deux dernières semaines, il a relevé et confirmé l’attaque et la destruction d’un grand nombre d’écoles, de centres sportifs, de cliniques et d’hôpitaux ; de nombreuses circonstances où des civils ont été directement pris pour cible, y compris des enfants ; des dommages à des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO ; et de violentes explosions dans des quartiers résidentiels denses. La ville de Téhéran, dont la région compte 16 millions d’habitants, a été étouffée par un immense nuage de gaz et de suie hautement toxiques, dont les effets nocifs se feront ressentir pendant des années. Plusieurs experts assimilent cet incident à une forme d’attaque chimique, une violation expresse du droit international.

Pourtant, cette fois-ci, le Canada est silencieux. Quelle est la différence ? Ces crimes sont-ils moins graves, moins violents, moins ignobles que d’autres ? Évidemment que non. Seulement, cette fois-ci, les crimes sont commis par les États-Unis et par Israël. Des alliés, nous dit-on. Par son silence, Mark Carney nous informe que ce n’est pas le bien-être du peuple iranien qui lui tient à cœur. Mais sa souffrance, dans la mesure où celle-ci peut être instrumentalisée pour faire avancer des pions géostratégiques.

Le samedi 21 mars prochain, il y aura une manifestation au square Dorchester, à 13 h 30, pour dire non à la guerre criminelle de Trump et Nétanyahou. La guerre disloque la société civile, détruit ses capacités d’organisation et catalyse les mécaniques répressives. Rien de bon pour le peuple iranien ne peut en sortir. Nous devons marquer clairement notre refus de cette guerre, et des dérives militaristes qui en découleront, que nous subirons aussi ici, au Québec.


© Le Devoir