Mieux tenir compte du travail invisible des artistes
Alors qu’on s’émeut devant nos artistes sur scène et en admirant leurs œuvres, leur réalité est tout autre une fois les projecteurs éteints. Les créateurs du Québec ont beau rayonner de succès, leur statut socio-économique précaire reste dans l’angle mort de la sécurité sociale de la province.
Une blessure corporelle, un épuisement professionnel ou un autre problème de santé mentale, une maladie grave, un congé de maternité… Autant de contextes où, contrairement à la plupart des salariés, les artistes d’ici ne disposent d’aucun mécanisme de protection en cas de coup dur. Des aléas qui mènent à un arrêt total d’entrées de revenus, faute d’accès à un régime d’assurance collective ou d’indemnités adaptées.
On balaie cette précarité du revers de la main en invoquant le « risque inhérent » lié au statut d’indépendant. Or, si plusieurs travailleurs autonomes d’autres secteurs économiques contrôlent leurs tarifs, la réalité des artistes est tout autre. Leurs revenus relèvent souvent de bourses fixes, de subventions aux montants plafonnés ou de cachets standardisés prédéterminés par des diffuseurs ou des boîtes de production. Bref, un artiste est un travailleur autonome ne disposant pas des leviers qu’ont d’autres travailleurs autonomes.
Selon les données publiées en avril 2025 par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, 59 % des artistes........
