Des sondages et de la marge d’erreur
Comme à chaque période électorale, de nombreux sondages tentent de prendre le pouls de l’électorat. Les chroniqueurs les commentent, les états-majors des partis s’efforcent de les décrypter pour mieux enligner leur campagne et certains citoyens s’en serviront pour orienter leur vote. Il importe donc de savoir les lire correctement. L’une des notions importantes pour ce faire est l’interprétation de la notion de marge d’erreur.
Quand on lit qu’un sondage a une « marge d’erreur de trois points, 19 fois sur 20 », les formulations utilisées laissent souvent penser que cette même marge s’applique également à tous les résultats du sondage. En réalité, cette marge varie : elle atteint son maximum autour de 50 % et se rétrécit lorsqu’un résultat s’approche de 0 % ou de 100 %. Pour bien le comprendre, il suffit de comparer deux situations.
Dans la première, la population est parfaitement divisée sur l’appui à une mesure gouvernementale, soit 50 % pour et 50 % contre. L’incertitude est alors maximale. Dans un tel contexte, la variabilité est très forte : un changement d’échantillon peut facilement faire osciller le score entre 47 % et 53 %, car un grand nombre de personnes basculent aisément d’un côté ou de l’autre.
Dans la seconde situation, seuls 5 % des répondants déclarent utiliser le vélo comme moyen de transport principal en plein hiver. L’écrasante........
