Sous le parasol
Une photo a récemment fait le tour du monde. On y voit un couple installé sur une plage de Gironde. Sous un parasol, il regarde la mer pendant qu’à l’horizon s’élève un immense nuage de fumée provenant d’un incendie de forêt. En quelques heures, cette image prise le 24 juillet au plus fort des feux en France est devenue le symbole d’une humanité qui continuerait de profiter de ses vacances pendant que le monde brûle.
Plusieurs y ont vu de l’indifférence. D’autres, une illustration du déni climatique. Pourtant, plus je regarde cette photo, moins j’ai envie de juger ces deux personnes. Au contraire, j’ai l’impression qu’elles nous renvoient une image de nous-mêmes.
Nous revenons tout juste des vacances de la construction. Comme chaque été, des milliers de Québécois ont pris la route, réservé un chalet, rempli la voiture et tenté, l’espace de quelques jours, d’oublier le rythme effréné du quotidien. Qui pourrait le leur reprocher ? Après une année de travail, chacun aspire au repos. Ces vacanciers français ne sont probablement pas différents de nous. Ils savent ce qui se passe devant eux. Ils savent que la forêt brûle. Mais ils veulent malgré tout profiter de leurs vacances. Et c’est profondément humain.
Depuis le début du printemps, nous avons pourtant traversé une succession d’événements qui auraient chacun pu faire les manchettes pendant plusieurs jours, il n’y a pas si longtemps. Des canicules se sont succédé. Des pluies diluviennes ont provoqué des débordements et des inondations. Des villes ont........
