Quand l’été déborde
On aime l’été à Montréal. Les terrasses pleines, les enfants qui courent dans les jeux d’eau, les déménagements qui transforment les trottoirs en brocante à ciel ouvert, les orages qui éclatent sans prévenir. C’est le charme un peu chaotique de juillet. Cette année, disons que le charme a les cheveux collés dans le front.
On a chaud, il pleut fort et les égouts débordent. La Ville demande de réduire la consommation d’eau et les collectes de déchets ont peiné à suivre le grand déménagement du 1er juillet. Pendant ce temps, les infrastructures vieillissent, les finances municipales tirent de la patte et les contribuables se demandent combien de temps encore la facture pourra être repoussée. Bref, l’été montréalais nous rappelle à la dure que ce qui déborde finit toujours par coûter quelque chose à quelqu’un.
On peut bien continuer à gérer ces épisodes comme une série de petits irritants saisonniers. Un appel au 311 par-ci, une communication de sensibilisation par-là, une collecte spéciale, un avis d’économie d’eau, quelques camions de plus quand c’est possible, puis on passe au prochain sujet. Mais à force de traiter chaque problème comme un accident isolé, on évite de regarder ce qu’ils ont en commun. Nous consommons des services publics essentiels comme s’ils étaient infinis.
L’eau potable ne tombe pas magiquement du robinet. Les déchets ne disparaissent pas par enchantement le matin de la collecte. Les........
