menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Idées | Après la mort de l’auteur, l’auteur augmenté?

9 0
30.09.2026

Il semble aujourd’hui aller de soi qu’une œuvre littéraire produite, en partie ou en totalité, avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA) devrait immédiatement être regardée avec suspicion. L’auteur aurait en quelque sorte triché. L’œuvre perdrait une partie de son authenticité et, à partir d’un certain degré d’intervention de la machine, on pourrait même se demander s’il est encore légitime de parler d’auteur.

Cette réaction me paraît pourtant mériter d’être interrogée.

Imaginons un instant qu’un roman écrit avec l’aide d’une IA soit excellent. Imaginons qu’il nous passionne, nous émeuve, nous fasse rire ou réfléchir et que les critiques qui le découvrent, sans connaître les conditions de sa production, le considèrent comme une véritable réussite littéraire. Faudrait-il réviser ce jugement au moment où l’on apprend qu’une IA a largement contribué à son écriture ? Autrement dit, une œuvre que nous trouvions remarquable quelques minutes auparavant deviendrait-elle soudainement moins bonne parce que nous savons maintenant comment elle a été produite ?

Il me semble qu’une telle réaction en dit peut-être moins sur l’IA que sur la conception de l’auteur que nous continuons à privilégier.

Nous aimons encore imaginer l’écrivain comme l’origine de ce qu’il écrit, comme si les phrases qui apparaissaient sous sa plume ou sur son écran procédaient........

© Le Devoir